Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/12/2012

Les lumières de la Terre: belles et problématiques à la fois

pollution lumineuse,black marble,lumière,terre,nuitVues de l'espace, les nuits terrestres sont resplendissantes. La Terre est recouvertes, par-ci par-là, de petits points lumineux dessinant les côtes, les fleuves, les métropoles, etc. Un bien beau spectacle qui a malheureusement un revers. Il est difficile de profiter du ciel nocturne dans les grandes villes comme Bruxelles. Un phénomène qui poussent les astronomes à s'éloigner le plus possible des villes pour profiter du scintillement des étoiles. La faute aux éclairages souvent mal adaptés qui éclairent ce qu'il n'est pas nécessaire d'éclairer. Les scientifiques et les naturalistes ne sont pas les seules victimes de la pollution lumineuse. Les animaux nocturnes et les citoyens en pâtissent également.


"L'éclairage public doit éclairer la route et les trottoirs mais, bien souvent, il éclaire également les terrains et l'intérieur des maisons", regrette Francis Venter, président de l'Association pour la sauvegarde du ciel et de l'environnement nocturnes. Cette pollution lumineuse se traduit par la présence d'un "dôme orangé" perceptible au dessus des villes lorsque l'on s'en éloigne. En tant qu'astronome, il sait mieux que personne les conséquences d'un tel phénomène: la splendeur du ciel nocturne est cachée derrière ce voile qui perturbe également le rythme biologique de la faune nocturne telle que les oiseaux, chauve-souris et insectes. Le citoyen n'est pas en reste puisque, le concernant, c'est une perte d'argent. "On estime qu'en Europe, 30 à 50% de la lumières est perdue. Cela fait pas mal d'argent qui pourrait être consacré à autre chose".

Régulièrement, des nuits de l’obscurité sont organisées dans divers grandes villes afin de sensibiliser le public à ce problème. "Elles sont très symboliques" affirme Francis Venter car "on diminue un peu l'éclairage durant une nuit ce qui ne correspond pas à une grosse diminution de la pollution lumineuse annuelle." Pour lui, il s'agit tout de même d'un bon moyen de montrer au public ce qu'il rate. Souvent, les clubs d'astronomie organisent des activités ludiques lors de ces rendez-vous. "Il y a encore quelques années, personne n'en avait entendu parlé, si ce n'est les astronomes et quelques naturalistes", remarque-t-il.

Il se réjouit qu'aujourd'hui de plus en plus de personnes perçoivent le problème, y compris les politiciens. Si de nombreux pays européens ont fait un pas significatif dans la lutte contre la pollution lumineuse, la Belgique est, en cette matière, une mauvaise élève. Pourtant, "on ne demande pas des choses extraordinaires, explique l'astronome, on demande simplement d'être un peu plus raisonnable".

"Quand on utilise des lampadaires adaptés, qui envoient la lumière où il faut, on peut se permettre d'utiliser des ampoules moins puissantes qui éclaireront convenablement les routes et trottoirs" assure-t-il. Pour lutter contre les autres formes de pollution, il faut dépenser de l'argent. Ce n'est pas le cas de la pollution lumineuse dont la lutte permettra d'en gagner. "Il faut certes investir au début mais le retour sur investissement sera rapide d'autant plus que le prix de l’électricité augmente".

 

L.Be

Les commentaires sont fermés.