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09/11/2012

La lumière des étoiles du passé

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Elles étaient là il y a bien longtemps. La seule trace qui reste de leur passage est un "fond de lumière diffuse extragalactique" que des astronomes sont parvenus à capter.


Elles, ce sont les premières étoiles de l'Univers, celles qui ont brillé dès 400 millions d'années après le Big Bang. Mais elles n'ont pas totalement disparu puisqu'une lumière résiduelle perdure. Celle-ci recèle d'informations primordiales pour mieux comprendre la formation des étoiles ainsi que des galaxies.

L'Allemand Markus Ackermann, du Deutsches Elektronen Synchrotron DESY à Zeuthen, et ses collègues sont parvenus à mesurer l'épaisseur de ce fond de lumière diffuse extragalactique (EBL pour extragalactic background light en anglais). Il en ressort que la densité moyenne stellaire dans le cosmos est d'environ 1,4 étoile pour 100 milliards d'années-lumière cube. Cela signifie surtout que deux étoiles sont en moyenne séparées par 4,150 années-lumières. Leurs travaux viennent d'être publiés dans la revue Science Express.

Mais "observer" l'EBL n'a pas été une mince affaire. D'autres lumières, provenant de notre propre galaxie, parasitent en effet cette brume et la rendent difficile à détecter. C'était sans compter sur le Fermi, le télescope spatial à rayons gamma de la NASA, qui leur a permis de détecter le spectre spécifique à cette lumière du passé.

"La lumière optique et ultraviolette des étoiles continue de voyager à travers l'Univers, même après que les étoiles aient cessé de briller, ce qui crée un champ de rayonnement fossile que nous pouvons l'explorer en utilisant des rayons gamma provenant de sources éloignées" a expliqué le chercheur Marco Ajello du Kavli Institut de l'Université de Standford dont les propos sont reportés par SpaceDaily.com.

Et comme sources éloignées, les scientifiques ont choisi de prendre 150 blazars, des objets extrêmement lumineux. Ceux-ci émettent en effet des rayons gamma qui, en interagissant avec l'EBL, s'atténuent. Ils ont ainsi ciblé des blazars de trois époques différentes afin d'évaluer l'évolution de cette brume cosmique au fil du temps. C'est donc indirectement qu'ils en ont calculé l'épaisseur et qu'ils ont pu déterminer le nombre d'étoiles qui ont brillé.

"Les données recueillies par Fermi nous permettent d'observer l'ombre des premières étoiles, tandis que le télescope James Webb (dont le lancement est prévu en 2018) nous permettra de les voir directement" a commenté Volker Bromm, de l'Université du Texas, cité par la NASA.

L.Be

Pour plus d'informations sur le principe de détection: Les explications de la NASA (en anglais).

Etude: "The Imprint of The Extragalactic Background Light in the Gamma-Ray Spectra of Blazars" par M. Ackermann du Deutsches Elektronen Synchrotron DESY à Zeuthen, Allemagne. Science. Publié le 1 novembre 2012.

Image: Reporters

18:54 Publié dans Astronomie | Tags : etoiles, ebl, fond diffus, fermi | Lien permanent | Commentaires (2) | | | | Pin it! |

Commentaires

Félicitations pour ce jeune blog très intéressant sur le modèle de ceux du Monde et de Libé, cela manquait vraiment dans la Libre!

Écrit par : Baruch | 14/11/2012

1,4 étoile par 100 milliard d'AL/cube?
faut se relire un peu non?

Écrit par : jean-pierre | 15/11/2012

Les commentaires sont fermés.