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16/10/2012

ALMA s'éveille pour le plaisir des yeux et de la science

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Dans le désert d’Atacama, l’observatoire géant Alma scrute l’univers sous un jour nouveau.


En imaginant l’Atacama Large Millimeter Array (Alma), le plus vaste projet astronomique sur Terre, les astronomes se sont donné pour objectif de percer les mystères d’un univers très énigmatique, l’univers froid.

La radioastronomie est "un domaine dans lequel on étudie les milieux froids, c’est-à-dire là où naissent les étoiles et les systèmes planétaires. On s’intéresse également à la compréhension de la formation des premières galaxies", explique Jérôme Pety, directeur de l’Action spécifique Alma (ASA) pour la France. Etoiles, systèmes planétaires et galaxies baignent, dès leur formation jusqu’à leur extinction, dans des milieux très froids, proches du zéro absolu. Les antennes d’Alma captent le rayonnement issu de ces milieux froids qui sont opaques pour les télescopes optiques. Effectivement, avec ce radiotélescope, nous ne sommes pas dans le domaine du visible au sens premier du mot, mais dans l’invisible entre l’infrarouge et les ondes radio. On parle de rayonnements millimétriques et submillimétriques que les radiotélescopes sont capables de "percevoir".

Fruit d’une collaboration intercontinentale (Europe, Amérique du Nord, Asie de l’Est et Chili), il se compose d’un réseau de soixante-six antennes paraboliques dont les astronomes pourront modifier la configuration au gré de leurs besoins. Montées sur des plateformes et toutes interconnectées, ces antennes peuvent se répartir sur une surface de 150 mètres à 15 kilomètres. Les signaux provenant d’un objet interstellaire recueillis par chacune d’entre elles sont combinés pour en recréer une image détaillée. Alma fonctionne ainsi comme un seul gigantesque télescope et sera sans concurrence en termes de sensibilité et de résolution.

Le plateau de Chajnantor au Chili accueille les soixante-six paraboles de l’observatoire. Situé à une altitude de 5 200 mètres, ce site est parfaitement adapté pour y installer des radiotélescopes. La vapeur d’eau absorbant les ondes millimétriques et submillimétriques, le plateau chilien, extrêmement aride, préserve donc Alma de l’humidité si redoutée. Toutefois, il est inhospitalier pour l’homme, car l’oxygène y est rare. Les antennes doivent donc être montées et testées à 2 900 mètres d’altitude avant d’être installées au milieu du paysage "martien" du site de Chajnantor.

Aujourd’hui, le nombre d’antennes fonctionnelles oscille aux alentours d’une trentaine d’appareils. D’une semaine à l’autre, leur nombre change. "Certaines sont montées, tandis que d’autres sont redescendues pour maintenance (NdlR : à une plus basse altitude)", précise Olivier Hainaut, astronome à l’Observatoire européen austral (Eso), partenaire de l’instrument. Il évoque un "processus continu", soulignant que "plus il y aura d’antennes fonctionnelles, plus les performances augmenteront". Mi-2013, l’entièreté de l’observatoire devrait être opérationnelle, ce qui devrait dévoiler, alors, une autre facette de l’univers.
 
Leslie Berdelou

Image: EPA

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Le 3 octobre 2011, Alma dévoilait une image inédite de la collision d’une paire de galaxies appelées les "Antennes". (Source: EPA/ALMA)


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Plus récemment, le 9 octobre 2012, les radiotélescopes ont détecté une structure en spirale très particulière autour d'une vieille étoile. (source: AFP Photo/ESO/Alma)


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